MON PTIT QUARTIER

 

Oui j'y pense à là bas que c'était mon ancienne adresse

akarbi que j'ai passé là toute ma purée de jeunesse,

que le ciel était plein d'étoîles, ça tapait tous les jours le soleil

ça c'est sur qu'ailleurs il était pas pareil.

C'était toujours la rigolade, mais aïe aïe aïe des fois aussi les peines,

il y avait dans ma rue Réaumur pire que de la chaleur humaine,

c'était soua soua, on savait pas que c'était ça le bonheur,

les gens tchatchaient avec tout leur coeur,

la vie elle coulait doucement comme l'eau d'une gargoulette

malgré le mauvais sang qu'on se faisait pour l'avenir de Bablouette.

Ma parole d'honneur j'y pense à mon quartier,

qu'il était tout ptit, mais grand par son humanité,

il était la vraie fugure de notre communauté.

Comment qu'il était flanqué sur la colline entre les escaliers du Cassis

qu'il fallait se les monter, mes voisins qui zétaient en face à la Cité Picardie,

et ceux de la Cité Témime, qu'ils avaient un ascenseur exprès pour eux,

et la Montagnette, juste derrière chez moi, oui c'est là qu'on était heureux.

Tous les bourricots et les calamars réunis, tellement ils l'aimaient,

ils y sont toujours restés, et c'est pas des tchalefs,

jusqu'à ce que la schkoumoune nous fasse un grand coup de zouzgef

qu'il était si fort qu'on a du faire fissa pour le quitter, notre ptit quartier,

mon bras d'honneur le pauvre, de haut il est tombé.

Dis, qu'est ce qu'y en pas dans nos têtes des regrets ...

 

 

Robert Voirin