Devant le boulanger

Non ce n'est pas des fantômes surgissant du passé
Mais des images tellement vraies
Qui apparaissent dans mon esprit en éveil
Comme des moments à nuls autres pareils.
Il me semble les vivre encore
Tant ils sont présents et forts.
C'était pendant une chaude soirée d'été.
Je rejoins au 9 de ma rue copines et copains tous rassemblés
Et assis sur les marches de la boulangerie.
Nous aimons en effet nous retrouver ici
C'est un de nos endroits préférés du quartier.
Je regarde un peu de tous côtés,
A droite c'est la belle villa Califano,
Au dessus de nous la maison des Lombardo,
Et en face notre petit stade,
Quand j'y pense ça bat un peu la chamade.
C'est si agréable d'être là pour des gosses de douze ans,
On appréçie de pouvoir s'amuser librement
A nos jeux favoris, aujourd'hui au métier muet et ça va finir
Comme toujours dans de grands éclats de rire.
L'air se transforme petit à petit en une si douce tiédeur
Lu'on resterait là pendant des heures.
Quelques rares promeneurs circulent encore lentement,
Parmi eux, Boubekeur, qui remonte chez lui nonchalamment.
Le temps passe, la rue devenue déserte, nous faisons silence,
C'est peut être pour certains d'entre nous le moment des confidences...
Mais il se fait tard, on entend le pétrin qui commence à tourner,
Il faut alors se quitter avec un peu de regret.
Je regagne doucement mon immeuble en étant sur
Que j'y reviendrai souvent à mon petit coin de rue réaumur.
Je ne le sais pas encore mais ces moments passés sereinement
Resteront gravés parmi tant d'autres, et pour longtemps
Au fond de ma mémoire, à l'abri de l'usure du temps.

Robert Voirin