EXPRESSIONS

 

Quand il a fallu partir en emportant " ses cliques et ses claques "

parce qu'on devait, si on peut dire" sauver la baraque ",

dans nos maisons c'était " péril en la demeure ",

on avait " le couteau sous la gorge " et aussi dans nos coeurs.

Là on a pensé qu'il ne fallait pas " boire le calice jusqu'à la lie "

car notre avenir n'était pas " le cadet de nos soucis ",

et bien qu'on ait eu "le cafard ", qu'on sentait " battre la chamade ",

qu'on était " aux abois ", il ne fallait pas qu'on reste en " rade ".

De " fils en aiguille " on devait " rabattre le caquet " de certains,

de ceux qui n'ont jamais fait " amende honorable", ni " tendu la main ",

et de ceux qui après leur " faux bond " historique s'étaient tus,

ceux là, on devait les empecher de " rire comme des bossus ",

on devait leur " tenir la dragée haute ", et leur " damer le pion "

car nous avions " plusieurs cordes à notre arc " et dans nos convictions,

ils pensaient nous " mettre des batons dans les roues ", mais sans succés

même si on était avec eux depuis longtemps déjà à " couteaux tirés ".

Il ne fallait surtout pas " bailler aux corneilles ", ni " se faire des cheveux "

quand on a " mangé de la vache enragée " et " tiré le diable par la queue ",

et pour ne plus être " mis à l'index " on allait se " remettre à flot "

repartir " à cor et à cri " et " prendre le taureau par les cornes " au plus tôt.

Bien qu'on en avait " gros sur la patate ", il a fallu " aller au charbon "

" mouiller sa chemise " et se " saigner aux quatre veines " et c'était " coton ",

comme on était " dos au mur " il ne fallait pas qu'on " flanche ",

c'est sur, on se doutait bien qu'il y aurait du " pain sur la planche ".

Les autres se sont " fourrer le doigt dans l'oeil " car pour leur malheur

ils nous ont vu " aller au turbin " en " tout bien tout honneur ",

et alors qu' on avait enfin " droit au chapitre ", tout en " veillant au grain "

on allait peut être se sentir " aux anges " sans " perdre son latin "

et " décrocher la timbale " mais surement pas " à Pâques ou à la Trinité ".

Pourtant on en a vu " tomber des hallebardes " , alors là c'était " le bouquet ",

mais on allait enfin voir " la vie en rose ", " boire du petit lait ", avoir " la gagne "

et il n'était pas question pour nous de construire " des chateaux en Espagne ",

enfin au " bout du tunnel " nous avions maintenant notre " place au soleil "

même si on n'avait pas oublié la lumière de notre terre à "nulle autre pareille ".

Pour nous aujourd'hui il n'y a pas " belle lurette" que tout cela est arrivé,

la mémoire est toujours là et on ne fera jamais " table rase " de notre passé,

loin d'être " cousu d'or " chacun a voulu à sa manière " cultiver son jardin ",

c'était comme " rendre la monnaie de sa pièce " au destin.

 

Robert Voirin