Elle est assise et regarde vers l'horizon
La ligne bleue des flots qui bascule… là-bas,
Tout à coup envahie par un tas d'émotions !
Des images de son "Hier"… des temps de joie.
Elle sait bien qu'un jour ce sera à son tour
De rejoindre les siens, là-haut au Paradis,
Sans n'avoir rien oublié de ses jeunes amours,
Bien avant que les crimes étouffent l'Algérie.
Lorsque le pays s'est soudain couvert de sang,
La terre où elle est née et ses ancêtres aussi,
Cette terre adorée comme on aime un amant,
Le jour de ses vingt ans, en pleurs, elle l'a fuit.
Là où elle vécut une enfance choyée,
Où le soleil brillait… il ne restait plus rien !
Là où elle croyait son futur tout tracé,
Des croix au cimetière inscrivaient un mot : Fin !
Il lui fallut partir… pour éviter le pire !
A bord du Kairouan et sans cacher sa peine,
En s'éloignant du quai avec ses souvenirs,
En larmes, elle salua la côte encore sienne.
Alors son petit-fils, l'entourant de ses bras…
"Dis-moi Mamie, dis ! Qu'est ce qui te fait pleurer ?"
La vieille Dame émue, montrant la mer d'un doigt…
"La Méditerranée, qui me rappelle Alger !"
Robert Charles Puig / juin 2008 |