Mon frère
Si t'as pris la valise et parfois le cercueil
Et si tu marches droit malgré tous ces écueils.
Dans les plis du drapeau si t'as séché tes larmes
Et que vaincu mais fier t'as déposé les armes.
Si tu regardes devant sans oublier l'histoire
Et que de tes racines tu gardes la mémoire.
Si la vue d'une orange te transporte vers ailleurs
Ou la vie était douce et pleine de chaleur
Si tous ces morts pour rien hantent encore tes nuits
Et que parfois tu hurles pour pas qu'on les oublie
Si tu penses à tes pères qui traçaient les sillons
Et arrosaient la graine de leur transpiration
Si le soleil a fui mais qu'il est dans tes yeux
Et transforme ta voix en accent merveilleux
Alors redresses toi tu peux en être fier
Maintenant j'en suis sur, t'es un pied noir mon frère
René MANCHO - Janvier 2006
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