Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les adjoints, Mesdames, Messieurs les Conseillers Municipaux. Pendant 14 ans de mandat de Conseiller Municipal, et 12 ans Conseiller Régional, c'est la première fois pour moi que se déroule un conseil municipal un 26 mars à 15 heures . Monsieur le Maire, mes chers collègues permettez-moi 46 ans après à la même date et à la même heure de vous dire un mot, pas très long, sur ce drame qui coûta la vie a 82 personnes et fit plus de 200 blessés rue d'Isly à Alger. Pourquoi je vous demande ceci, parce que cet infanticide tapisse ma mémoire et, peut-être en m'exprimant devant vous, vous serez mes psychologues que nous aurions dû avoir il y a 46 ans comme maintenant pour un moindre bobo les personnes sont assistées d'un psy. Ce jour là, le soleil et la douceur du temps étaient dans le cœur d'une foule pacifique de Français de toutes confessions. Hommes, femmes étaient nombreux et même des enfants étaient présents. L'objectif était d'aller à Bab El Oued et d'émouvoir, le cœur des soldats qui ceinturaient le quartier et non d'attaquer une armée. C était un climat bon enfant, une ambiance de kermesse. A 15.00 heures le haut commandement ordonnait aux militaires la tuerie d'innocents. Des scènes de massacres, une foule décimée soudain par la mitraille. Des blessés achevés, des militaires ou plutôt des tueurs avides poursuivant leurs victimes. « Halte au feu ! Halte au feu ! » hurlait un impuissant lieutenant. Malgré ses appels, les militaires ont poursuivi leurs crimes pendant de longs moments. J'en porte témoignage et je m'arrêterai là parce que mon cerveau et mon coeur ne peuvent aller plus loin. Je vous demande monsieur le Maire, avec émotion et gratitude puisque vous êtes le 1er magistrat de cette ville de demander à nos collègues et au public de se lever pour une minute de silence pour ces 82 morts et une pensée pour les 200 blessés pour ce crime d' Etat sans assassin. Merci monsieur le Maire, merci mes chers collègues de m'avoir soulagé de cette blessure enfouie depuis 46 ans dans ma mémoire .
MICHEL XIMENES |