LE CABASSETTE ET LE COUFFIN ( fable )

Au fond d'un placard le cabassette et le couffin s'ennuyaient beaucoupdepuis qu'ils avaient quitté leur Bab El Oued natal ils ne sortaient plus du toutalors il se racontaient des histoires pour tromper leur ennuisurtout celles qui parlaient de leurs anciennes et nombreuses sorties
quand ils accompagnaient la famille au marchéen forêt ou au bord de mer.
Ainsi à Pâques on les remplissait de ce qu'il y avait de meilleur sur terrele cabassette disait qu'il transportait la soubressadela calentitale boutifarla pastera sucréeles poivrons grilléset la si fine fritengales anchoisles dattes et les figues sèchentles délicieuses cocasles mantécaossans oublier le bon selecto et le fameux Mascara.
Le couffin se vantait d'être plein de zlabias au mielde douces oreillettesde makroutsde la belle mounasans oublier les succulents roliettes.
Ils étaient tellement lourds qu'ils n'en pouvaient plus surtout
qu'il fallait tenir jusqu'à la fôret de Sidi Ferruch pleine de monde partout.
Là au milieu des cris de joie on commençait à les videren premier les tramousses et les variantes étaient sortis
car avant le repas la traditionnelle anisette était serviepuis dans une joyeuse ambiance on déballait tout et chacun se servaitet tous les membres de la famille pouvaient commençer à se régaler.
Dans la soirée pour le retour à la maison le cabassette et le couffin
maintenant si légers pensaient déjà à faire les courses dès le lendemain matinà Bab El Oued ils continueraient ainsi à déambuler dans les allées du marché
où ils seraient encore remplis de ces bonnes choses qui faisaient leur fierté.
Bien longtemps aprèsalors que dans le placard ils se lamentaient sur leur sortune main amie qui les avaient bien connus leur apporta un jour un grand réconfortet pour ne pas qu'ils tombent complètement dans les oubliettes
ils furent alors emmenés de nouveau aux commissions ou à des fêtesréconfortés ils purent se dire qu'on ne les avait pas laisser tomber
pour enfin revivre en pensant à Sidi Ferruch et ses belles journées.

moralité : recevoir le passé comme un héritage c'est combattre l'oublile mépris et
l'indifférence.

Robert VOIRIN DE LA RUE REAUMUR A B.E.O